Le vice-Amiral Javier Pery Paredes, chef de cabinet du sous-secrétaire à la Défense espagnol, a notamment souligné l’application progressive des diverses réformes qui a abouti à une normalisation de la présence de femmes au sein de l’armée espagnole. Malgré certaines réticences bien ancrées dans un secteur initialement conçu pour les hommes, cette ouverture aux femmes, a-t-il précisé, a été particulièrement bénéfique pour l’intégration de personnel militaire dans des structures civilo-militaires, notamment en matière de coopération avec les ONG et la société civile.
Ces propos ont été corroborrés par Belén Caballud Hernando, conseillère auprès du sous-secrétaire à la Défense et coordinatrice de l’observatoire de la situation des femmes dans les Forces armées espagnoles du ministère de la Défense, qui s’est félicitée de l’augmentation fulgurante et soutenue de personnel militaire féminin en une quinzaine d’années seulement. Selon elle, la présence des femmes est désormais « une réalité concrète » et toutes les mesures adéquates sont prises pour adapter le secteur en fonction de leur présence. L’Espagne ferait ainsi figure de bonne élève en Europe en matière de représentation féminine dans ses forces armées, sans imposer de quota féminin, ni créer d’unité ou de corps d’armée spécifique. Par ailleurs, et contrairement à certains pays européens où le débat fait rage, les femmes ont accès sans discernement à tous les postes, qu’ils soient tactiques ou opérationnels, et ce, à solde équivalente à celles de leurs homologues masculins. Mme Caballud Hernando a toutefois souligné que même si les réformes en cours étaient extrêmement encourageantes et surveillées de près par l’observatoire de la femme au sein des forces armées, elles prenaient forcément du temps à se concrétiser. Une étude récente commandée par l’Observatoire aurait ainsi établi que l’Espagne ne connaitra très probablement pas sa première femme générale avant 2017.
Enfin, le caractère essentiel de la présence de femmes dans les forces armées a également été souligné par le vice-president du Comité militaire de l’OTAN, le Lieutenant Général américain Karl W. Eikenberry qui s’est fait l’invité surprise de ce rassemblement. Faisant part de son expérience sur le terrain difficile de l’Afghanistan, il a pu constater que la présence d’officiers femmes constituait un atout considérable puisqu’elle rassurait la population et constituait même une source d’inspiration dans une société où la place de la femme est culturellement bien loin de nos propres standards. Ainsi, à ses yeux, les femmes ont un rôle précis, voire important, à jouer en première ligne, ne serait-ce que pour assurer la sécurité des femmes afghanes que des soldats hommes ne sauraient approcher, mais pas seulement, a-t-il précisé, car « si l’on veut parvenir à progresser dans le développement de cette société, c’est à tous les niveaux que les femmes devraient être mises au premier plan ».